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Nouvelle collaboration... - Les Grenadiers débarquent au Québec
Les Grenadiers débarquent au Québec...
Par Pierre-Richard Thomas, collaboration spéciale (suivez-le sur Twitter @prthomas10).

Forte de deux résultats concluants et éloquents, voire même surprenants, l'équipe nationale masculine d'Haïti a débarqué en ville pour un séjour de deux semaines afin d'achever sa préparation pour la Gold Cup de la CONCACAF, qui s'est déroulé aux États-Unis du 7 au 28 juillet 2013.
La sélection bleu et rouge a commencé à se réunir à la mi-mai en Haïti. Après quelques jours au pays avec l'essentiel des joueurs évoluant dans le championnat national, la délégation s'est envolée vers la Floride pour être rejointe par les expatriés qui composent environ 60 % de l'effectif. Ces derniers évoluent en D1 ou D2 en France, en Belgique, aux États-Unis, en Roumanie, en République tchèque et en Irlande.
Le 8 juin, les Grenadiers ont subi une courte défaite de 2-1 contre les Espagnols, champions du monde et champions d'Europe en titre. Vous avez bien lu! C'était la Roja d'Iniesta, Piqué, Casillas, Busquets, Fabregas et compagnie, qui étaient de leur côté en préparation pour la Coupe des Confédérations qui se déroule présentement au Brésil. Trois jours plus tard au Brésil, Haïti a de nouveau servi de « partenaire d'entraînement » à l'Italie et gonflée à bloc, elle a livré un nul de 2-2 à la Squadra Azzura, elle-même à quelques jours de défendre les couleurs de l'Europe dans cette même Coupe des Confédérations.
C'est en toute fin de match entre la 85e et la 90e minute de jeu que Saurel sur penalty puis Peguero sur une action individuelle culminant sur un tir brossé décoché de l'intérieur de la surface de but (6 mètres) que les Haïtiens ont littéralement volé, et le match, et la vedette aux Italiens qui alignaient pourtant les De Rossi, Marchetti, Montolivo, Balotelli, El Shaarawy qui, faute d'avoir démarré ce match étaient tous sur le terrain pour témoigner de la surprise, de l'exploit ou du larcin des Haïtiens.
Pour mieux cerner les superlatifs d'émotions découlant de ce simple « match amical », il faut vous faire voyager dans le temps en vous demandant à vous, experts encyclopédiques de statistiques et d'évènements marquants des Coupes du Monde de football, quel a été LE moment de gloire par excellence du football haïtien?
En 1974, au Mondial allemand, incidemment remporté par le pays hôte en pleine consécration du « football total » magnifiée par les « oranges mécaniques » hollandaises du grand Cruyff et de ses acolytes, Krol, Neeskens, Rep et autres. En même temps, le « catenaccio » (c.-à-d. le verrou ou la trappe pour les férus de hockey) des Azzuris fait ravage avec derrière, l'un des plus élégants gardiens de but que notre sport ait produits. Il était doté d'une technique et d'une précision de relance (c.-à-d. dégagements) inouïe. Dino Zoff, le cerbère de la sélection italienne n'a pas encaissé de buts depuis deux ans. Les jambes des joueurs haïtiens s'entrechoquent. Pour eux, le contexte n'est ni banal ni anodin. Il s'agit d'une première participation à une phase finale de Coupe du Monde (et la seule à ce jour), en guise de glaçage sur le gâteau, le 15 juin 1974, ils jouent leur premier match de la compétition contre l'Italie, championne d'Europe en titre, dans le groupe de la « mort » avec la Pologne et l'Argentine.
Dans les derniers instants de la première demie, Pierre Bayonne dégage de la tête un centre de l'Italien Fachetti, qui tombe dans les pieds de Philippe Vobe, qui lance Emmanuel « Mano » Sanon d'une passe en profondeur. Ce dernier soulève tout un peuple déjà conquis à ses talents de chasseur de buts intraitable en mettant dans le vent son couvreur italien et en désarçonnant le grand Dino Zoff d'une feinte subtile suivie d'une accélération fulgurante ponctuée d'un tir du gauche dans la cage italienne laissée déserte par Zoff, au sol et impuissant qui ne peut que constater les dégâts et donc la fin de son invincibilité. Haïti, le petit poucet, retraite au vestiaire sur une avance de 1 à 0 contre le géant d'Europe, voir du monde. Quelle affiche ! Un outrage pour l'Italie qui ne permettra pas une telle imposture. Score final, Italie 3, Haïti 1. Les défaites aux mains des deux autres ténors du groupe, Pologne et Argentine, ont été encore plus cinglantes, respectant la logique et les pronostics, mais aucun Haïtien ou sympathisant du foot haïtien n'oubliera l'épopée féérique de l'équipe nationale le temps d'une période de la Coupe du Monde de 1974 en Allemagne.
Lorsqu'assis devant mon écran d'ordinateur, j'ai visionné sur YouTube le but égalisateur de Jean-Philippe Peguero qui arrachait le match nul à l'Italie au Brésil, j'ai ressenti un grand frisson. Lorsque ce buteur providentiel et opportuniste a enlevé son maillot pour le brandir tout en courant, ivre de bonheur, j'ai moi aussi enlevé mon t-shirt et couru dans mon salon. Heureusement, il n'y avait personne pour me donner de carton jaune. Lorsque j'ai visionné à nouveau le but de Peguero puis celui de Mano en 1974, j'ai trouvé beaucoup de similitudes. En tant qu'Haïtien, ça m'a fait du bien et j'ai eu une pensée pour mon paternel.
Bon! Trêve de chauvinisme et de patriotisme, revenons au séjour de l'équipe nationale d'Haïti au Québec. Quatre matchs ont été au programme, soit le samedi 22 juin contre la formation U-21 de l'Académie de l'Impact au stade Saputo, le mercredi 26 juin contre l'équipe de Mont-Royal Outremont de la PLSQ au parc Beaubien à Outremont, le dimanche 30 juin contre le Royal de Beauport, champion canadien amateur en titre au CEGEP Garneau à Québec, puis le jeudi 4 juillet contre le FC St-Léonard de la PLSQ au parc Hébert.
Au sein de la sélection nationale d'Haïti, on retrouve notamment: Marc Hérold Junior (St-Marc/D1 Haïti), Johny Placide (Reims/D1 France), Pierre Jean Jacques (Nantes et Caen/D1 France), Réginald Goreux (Standard Liège/D1 Belgique), Jean Sony Alcenat (FC Petrolul Ploiesti/D1 Roumanie), Kervens Belfort (Le Mans/D2 France) et Jean Judelin Aveska (Independiente Rivadavia/D2 Argentine).
Le sélectionneur de l'équipe nationale est Antonio Israël Blake Cantero , un Cubain de 45 ans.
Malgré les difficultés inhérentes à l'organisation du séjour d'une délégation sportive de 37 personnes, Messieurs Célésomme Sanélus et Gérald Duverger travaillent d'arrache-pied pour mener à bien le mandat que le président de la Fédération haïtienne de football, M. Yves Jean Bar, leur a confié. Aussi, ces deux passionnés du foot vous convient à supporter la sélection de toutes les manières possibles. Notamment, ils vous invitent à venir applaudir l'équipe nationale en grand nombre lors de leurs quatre matchs.
Toute aide, tout encouragement, tout support, sous quelque forme que ce soit sera bienvenue considérant d'où vient ou de quoi sort à peine le peuple haïtien en Haïti après les deux déchaînements climatiques vécus, il y a, il me semble..., seulement hier et toutes les conséquences néfastes sur l'économie du pays, la santé des Haïtiens, les infrastructures à rebâtir et toutes les vicissitudes du quotidien d'un peuple grandement affecté.
Ces deux fantastiques résultats au cours de la dernière quinzaine, contre les deux finalistes du plus récent EURO n'est seulement qu'une raison supplémentaire pour les encourager à nous rendre encore plus fiers. Haïti, en alllééé!!!!





















