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Nouvelle collaboration... - Les Grenadiers, la suite...
Notre chroniqueur revient sur la visite d’Haïti au Québec...
Commentaire de Pierre-Richard Thomas (suivez-le sur Twitter @prthomas10).

Pour ceux qui ne l'ont pas su, l'équipe nationale masculine « A » d'Haïti a élu domicile à Montréal du 19 juin au 6 juillet pour peaufiner sa préparation en route vers les États-Unis pour y disputer la Gold Cup. Haïti n'a pas franchi la phase de groupes avec un dossier d'une victoire et deux défaites
Avant de séjourner chez nous, les rouges et bleus se sont arrêtés en Floride et au Brésil pour y affronter, dans cet ordre, l'Espagne (défaite de 1-2) et l'Italie (2-2). Considérant ces impressionnants résultats et avec un regard de profane, plusieurs personnes ont fait le calcul simpliste, voir naïf, que nos modestes équipes semi-pros et l'académie de l'Impact U21 allaient tour à tour en prendre plein la gueule. Il n'en fut rien.
Les Grenadiers ont remporté trois matchs par un score combiné de 6-2 et ils ont fait match nul contre le Royal de Beauport de la LSEQ.
En prenant la précaution d'y aller d'un « sans vouloir manquer de respect à Haïti... » bien senti, quelques-uns de mes camarades, surtout ceux d'origine italienne, m'ont demandé comment l'équipe nationale d'Haïti a pu avoir une telle veine pour affronter coup sur coup l'Espagne et l'Italie ? Cette question m'a amené a gonflé mon titre pour évoquer mon sous-thème, c'est-à-dire ce qu'il faut entendre par « match amical »
Match préparatoire, sans enjeu, intraéquipe, test, d'avant saison, de classement, etc. Mon expérience de joueur et d'entraîneur amateur et professionnel et plus simplement, mon vécu d'être humain me dit que premièrement lorsqu'on joue à un, ne serait-ce « pile ou face » ou « tic-tac-toe », on joue pour gagner, donc pour moi tout est compétition.
N'ayons pas peur du mot. À bon escient ce n'est pas un crime, ni une maladie et ni un fléau pouvant mener à un cataclysme naturel ou à l'apocalypse elle-même. Deuxièmement, le soccer est un sport de contacts, pas comme le rugby ou le hockey, mais il y a forcément et constamment des duels. Il faut en être conscient et l'accepter... ou pas. Collectivement on veut marquer des buts contre l'équipe adverse et on ne veut pas en encaisser. En principe, ce sentiment est mutuel, exception faite pour les équipes qui parfois décident de se contenter de ne pas en prendre ou celles qui s'en moquent éperdument. C'est l'antagonisme indissociable au soccer et à tout sport ou jeu avec opposition. Par exemple, le golf n'en est pas un.
Pour ma part, je peux déjà conclure que l'appellation « amical » dans match amical ne doit pas être comprise au sens littéral. L'important c'est l'histoire du match ou la signification du match. On pourrait aussi demander quels sont les intentions, les ambitions ou les objectifs à atteindre pour un match donné ou encore un tournoi ou une tournée. Les différentes et multiples réponses possibles à ces questions relèvent des préoccupations centrales de l'encadrement d'une équipe, que ce soit au niveau sportif qu'humain. Trouver preneur pour un match amical n'est pas toujours chose facile. Il peut y avoir une kyrielle de considérations, notamment les implications financières, l'endroit et le moment du match, la disponibilité des joueurs, etc. Oui, Haïti a eu une chance inouïe de croiser le fer avec ces deux monuments en route pour la Coupe de Confédérations au Brésil.
Pour nous, observateurs externes à la vie de l'équipe nous ne pouvons que spéculer avec des informations incomplètes que nous arrivons parfois à soutirer au personnel technique. Sinon, fort de nos connaissances du milieu et de la matière, nous nous perdons en conjecture avec des théories que nous voulons savantes, mais qui ne restent que des appréciations subjectives qui valent autant que celles du voisin. Autrement dit, si l'adage qui dit que « le cœur a des raisons que la raison ne connait pas », il est aussi souvent vrai d'affirmer que les entraîneurs ont des plans pour leur formation que les spectateurs ne connaissent souvent pas. Parfois, au grand désarroi de toutes les personnes directement concernées, les joueurs aussi ne comprennent pas les objectifs de leur équipe et par conséquent, ils ne maîtrisent pas toujours très bien les messages et donc les attentes de leur dirigeant technique.
Nonobstant le fait que l'équipe nationale ne soit pas venue au Québec avec l'intention de passer des 7 à 0 à nos équipes semi-pros ou à l'élite de nos amateurs, je trouve que l'Académie de l'Impact, Outremont, Beauport et St-Léonard ont fait belle figure. Au niveau de l'organisation des matchs, elles ont toutes marqué de bons points. Tout cela est de bon augure pour l'avenir du foot au Québec et sa hiérarchisation. L'Impact est en haut de la pyramide. Elle a déjà mis en chantier plusieurs projets pour améliorer son produit au niveau marketing comme au niveau technique. Il faut espérer que les dirigeants de nos équipes de Première Ligue avec le soutien véritable de la Fédération de soccer du Québec auront le cran, la ténacité et l'endurance nécessaires pour dupliquer les bonnes notes engrangées l'espace temps d'un match « amical » international contre Haïti pour ainsi les appliquer à leurs activités domestiques en championnat et réussir à représenter un échelon crédible sous notre représentant en MLS, l'Impact de Montréal.





















